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 Paroles sans histoires

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Baron de la Plume Agile

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MessageSujet: Paroles sans histoires   Jeu 31 Jan - 17:13

Vallée de la louve, 22 MAI 2006

Bonjour à vous Baron de la plume agile,

Merci
pour votre missive en ce dimanche pas comme les autres. Votre lettre arrive à point. Je me dis en somme que j’ai des amis en pensées sereines et cela est bon en ce matin chagrin….
Oui, l’heure est au deuil en ce jour dominical. Ma chatte Coco Chanel a décidé d’aller retrouver mes autres amis antérieurs, au pays de mes compagnons tant aimés. Depuis sa naissance, elle était fragile des poumons mais loin de moi fut la pensée de m’en séparer. Un peu de chaleur demeurait encore dans son petit corps maigrelet qui dépérissait depuis plus d’un mois.

A mon réveil, ce matin, je l’ai retrouvée inerte sous ma chaise près de l’ordinateur ou elle aimait tant écouter la musique de tous genres et le bruit du clavier que je ne cessais de pianoter chaque jour. Depuis sa lente agonie et en particulier à cet instant même, je frappe nerveusement les touches pour ne plus penser à l’envolée de son âme de Psyché vers un ailleurs meilleur où tout est musical. Ce que je crois depuis ma tendre enfance.

Je me hasarde à décrire cette tempête émotive qui peut-être par instinct égoïste n’accepte pas que me soit arrachée cette magnifique présence si sincère comparativement aux humains à deux pattes qui m'entoure...

Tout être humain n’est pas apte à comprendre ce qu’est l’amitié des bêtes mais je sais que vous cher Baron, saurez me retourner ce magnifique poème en l’honneur de votre ami chien.

Dans la boite cartonnée de son dernier repos, je l’ai entourée des lilas séchés qu’elle avait tant aimé humer lorsque nous allions les cueillir ensemble dans le jardin de Daddy. Elle me suivait pas à pas...

Onze ans durant, cette chatte à su m’aimer telle que je suis : Avec mes utopiques folies artistiques, mes courtes absences, qui pourtant la paralysaient moralement et mes sautes d’humeur, pas méchantes mais pour son instinct, inquiétantes.

J’ai beaucoup appris d’elle lorsque son regard interrogateur plongeait dans mas yeux de louve, délavés par tant de pleurs nullement associes aux épluchures d’oignons… Son âme, je le crois très fort, flotte dans la tanière où je survis chaque jour, car je sais que son amour inconditionnel, me suivra à jamais.

All we are is dust in the wind. J’aimerais que vous me rappeliez le nom de l’auteur, please?

Mon âme est triste ce matin, et je sais que je devrai supporter le poids d’un long deuil. Je prie pour vivre cette étape d’existence avec sérénité.

Je vous demande de bien vouloir accepter mes doléances. Merci d’être là cher ami, complice dans l’écriture qui sait retrouver une compréhension commune à mes pensées. Vous êtes un vieux loup, dans le sens non péjoratif du terme, mais au contraire doté d’un caractère indépendant et courageux, imprégné de sentiments palpables. La petite paysanne blonde au teint laiteux, d’il y a trop longtemps, retrouve alors dans vos sentiments, les expressions de son grand-père Mendoza Sénécal éminent professeur, il possédait une vaste bibliothèque ouverte à ma curiosité insatiable d'enfant anormale comme le disait mabonne mère.

Je suis une rebelle délinquante qui n’écrit plus d’alexandrins ni de sonnets mais aime toujours lire la poésie libre de ce camarade d’outre-mer Yotuwan ainsi que la vôtre, pittoresque et mordante.

A bientôt de vous lire cher baron.

p.s :
Copain je le suis, tel que mandaté par vous lors de nos soirées mondaines littéraires, que je sais regretter un tantinet parfois mais pas vraiment de trop.

Blanche recroquevillée dans le noir du soir.


*****************************************************
Chère Blanche dans la douleur éprise mais par ses amis comprise,

Je partage ta déchirure sans qu’il me soit nécessaire de patauger dans les mièvreries larmoyantes. Je comprends ton désarrois. Dieu ou quelqu’un de son entourage nous a doté de cette richesse affective que seuls les gens de pure civilisation savent apprécier : l’amitié de nos compagnons sans parole. Alors que l’inconnu d’après la vie me laisse sceptique, un jour de chagrin, j’ai prié pour mon ami. Je te fais part de cette pensée en partage de nos cicatrices.

Je m’empresse donc, de te retourner ce fameux poème écrit dans la détresse.

Nous sommes au moins deux.

Claude L.
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MessageSujet: Chère Blanche de cœur et d’esprit   Jeu 31 Jan - 17:25

25 Décembre 2006-

Chère Blanche de cœur et d’esprit,

Est-ce que l’on a envie d’écrire pour se venger des vacheries de l’existence?
Pour essayer de se libérer des stigmates indélébiles, imprimés par les
coups de tampon enfoncés par les fourbes et autres jaloux perfides? Ou tout simplement pour chasser la hantise de notre fin prochaine? Dieu seul le sait. Et il ne m’en a rien dit.

Comme
pour Noël, je suis seul ce soir, non pas avec ma peine mais avec mon
chien et sans aucune amertume. Il est préférable d’avoir une petite compagnie sincère qu’un grand entourage de pique-assiette grimaciers. J’ai déjà passé des fins d’année un fusil à la main, aussi sous les
palmiers ensoleillés, ou encore en mer. J’y ai survécu. On est seul
dans sa peau. Je viens de revoir ce vieux film, (un chef-d’œuvre)
La Canonnière du Yang-tsé. J’ai retrouvé quelques-unes des aventures de
ma jeunesse de tête-brulée. (J’ai beaucoup changé) Et ensuite, avec
intérêt, l’émission de variétés du farfelu Sébastien. Il a au moins le
mérite d’offrir des revues pour les spectateurs. J’ai retrouvé mon ami
Gainsbourg et aussi le plus grand : Jacques Brel.

Tu as raison
ma petite Blanche, je suis un inadaptable de la platitude universelle.
Mon entourage me dit raciste, car je n’aime que les gens qui m’aiment…Misogyne car je préfère rire de dame bêtise et m’entête à
croire que la gent (libérée) forme un ensemble de rivières qui
alimentent le remous de la manipulation. On invoque l’égalité des
sexes. (mettez-les sur la table on va les mesurer) alors qu’il serait
préférable de prétendre à l’égalité des droits.
Comme Alain,
l’ami des bêtes, sous ses airs de gandin et aussi ancien mataf, qui a
été un peu rejeté, j’aurais aimé être enterré auprès de mes chiens. Je n’ai pas su les réunir. Je leur en demande pardon.

Tu fais partie chère Blanche de mes rares amies, frappées de l’insupportable
vertu de la franchise.

A bientôt sur le net ma nénette.
Claude L
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MessageSujet: Tempête en mer   Lun 18 Fév - 19:27

Tempête en mer



Maintenant, la mer se creuse toujours plus profondément pour nous rejeter des tonnes d’eau dans les flancs. C’est le commencement de la tempête.

Nous avons ordre de tout saisir à bord. Tout ce qui n’est pas solidement retenu se promène dangereusement dans les compartiments pouvant occasionner des impacts pernicieux. Soudain, les lames embarquent sur le pont, puis l’avant de notre navire bascule à trente-cinq degrés et l’étrave attaque en plongeant comme pour déchirer cet élément en furie. Le pont est interdit d’accès. Les moteurs s’affolent puis s’emballent lorsque la mer retient cette pauvre coquille presque à la verticale et que les hélices dépourvues de résistance battent le vide.

Un «paquet de mer» vient écraser une manche à air. Puis un deuxième conduit à son tour est emporté par une lame laissant une ouverture sur le pont. Lui-même est noyé par les flots qui s’engouffrent à chaque mouvement de plongée. C’est l’entrée d’air de notre poste d’équipage qui vient de se transformer en cataracte. Nous aveuglons précipitamment cette voie ouverte avec un matelas retenu par deux tables démontées en hâte et mâtée en dessous du calfeutrage de triste fortune. Il pleut abondamment dans notre compartiment mais nous ne serons pas noyés.

Pour accentuer le désastre, mon estomac tente à vouloir rester en haut lorsque mon corps redescend avec le mouvement d’ascenseur causé par le tangage. . J’ai des nausées et une forte migraine. Je cherche un quelconque linge ou récipient pour vomir dedans.

Nous sommes (grogys), ballottés, marqués de bleus et de bosses, trempés jusqu’aux os, et mon ami Serge vocifère :

--C’est pas l’enfer, on est dans l’eau!

Maintenant, c’est le roulis qui vient s’ajouter au balancement vertical. Dans chaque nouvelle attaque, notre balançoire amorce un mouvement de vrille pour mieux pourfendre les assauts d’une telle férocité. On pourrait croire à la volonté d’un mauvais sort s’acharnant à vouloir nous condamner à ne jamais revoir la mère patrie. Lagadec gueule à son tour :

--La preuve que Dieu existe, c’est son comportement qui m’intrigue…



Mais……Nous avions vingt ans !!!

C. Laye (extrait du bouquin Cœur d’artichaut amer, Les Éditions............) T.D.R
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MessageSujet: La tolérance n’est plus une vertu   Lun 3 Mar - 14:34

La tolérance n’est plus une vertu



Mes amis et moi-même, inquiets, refusons l’excès de propagande médiatique arbitraire. Cet état de chose, nous amène à développer par instinct de survie les tristes penchants de racisme, misogynie et intolérance.

Si mon récit débute par cette constatation surprenante et contre-indiquée, c’est pour mieux exprimer mon ressentiment à l’égard de la naïveté grandissante de notre société. Nous vivons à une époque ou la morale factice qui nous est offerte, transpose les sentiments. Les qualités d’antan devenues les vices d’aujourd’hui, entraînent par définition, nos défauts à porter le nom de vertus.

Pierre a perdu son chien, animal doux, enjoué et dont le partage d’une telle affection ne méritait nul abus de confiance. Comme tous les protecteurs des bêtes, mon ami est effondré devant la description télévisée d’abominables assassinats infligés aux pauvres animaux innocents.

N’avez-vous jamais détourné la tête pour ne pas lire dans les yeux de ces victimes implorantes, leur détresse exprimée lors d’une condamnation gratuite ?

Les infâmes instigateurs, auteurs de ces persécutions, eux, ne s’en offusquent nullement. Ils abreuvent leur conscience, du sang de la lente agonie des êtres immolés, à la faveur d’un jeu barbare ou d’une croyance sectaire naturellement réprouvée par n’importe quel créateur.

Que leur importe !


La tolérance est le point fort des faibles ainsi que le pardon. La sévérité n’est crainte que par les esprits inquiets de leur propre comportement. N’ayons aucun ressentiment à exprimer notre indignation. Ainsi, le chien de Pierre et bien d’autres animaux ne seront pas voués à l’ignominie des humains sanguinaires.


Retour à rebrousse-poil : Depuis la légalisation des droits de la femme on a pu constater que les représentantes de la gent envoûtante rivalisaient d’intelligence avec les hommes…Pas toutes. Les défilés de mode nous donnent à réfléchir.

La jalousie aidant, madame la juge – qui avait laissé son drôle de chapeau au vestiaire- a sévèrement condamné une intimée vêtue d’un superbe manteau de fourrure naturelle. Le fastueux apparat n’appartenait même pas a la coupable et n’avait aucun rapport avec l’objet du délit, mais il était trop voyant. Les petites victimes, associées injustement à ce trop beau vêtement, furent en partie vengées par un simple retour de bêtise romanesque.





[m1]C. Laye (Tous droits réservés)


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MessageSujet: Vic LUDO l’utopiste   Lun 3 Mar - 17:21

Vic LUDO l’utopiste




Ce fut aux obsèques de l’oncle Damase que Vic rencontra un attentif ami de la famille. A première vue on eut pu croire que celui-ci avait retiré les poils du dessus de sa tète pour se les coller sous le menton. Il rappelait ainsi un illustre astrophysicien de notre province. Il portait le même prénom et comme lui affichait sous une bonhomie souriante un ton doctoral invitant au sérieux de ses propos. Il avait en outre contribué a l’entrée de notre écrivain en herbe dans ce milieu très fermé, sans qu’il fut obligé de manifester les mimiques et autres courbettes nécessaires devant conduire dans les dédales irritants d’une illusoire édition.

- Monsieur Hubert, mon oncle Damase m’aurait conseillé de vous faire part d’une nouvelle difficulté qui lancine mon ego. Ma dépendance du ( sur mesure) ouvre soudainement les portes de mon imagination sur d’angoissantes inconnues. Je regrette sincèrement de ne pouvoir ressentir le frisson explosif et envahissant du héros de mes intrigues. Comment faire face à des situations téméraires lorsqu’on a fréquenté trop d’érudits renfermés dans leur coquille et quelques audacieux voyageurs malvoyant par ignorance.

- Qu’à cela ne tienne, répondit le mentor. Il est des aventures quotidiennes qui méritent de longs voyages. Si tu n’envisages pas à nouveau de t’agenouiller entre des piles de chaussures inscrivant de trop nombreuses pointures et des pieds dont la taille semble moins inconfortable que les émanations qui s’en dégagent, plonge dans l’inconnu sans hésitation.



Quelques jours après cette enrichissante conversation, le futur audacieux trouva enfin l’objet d’un acte réclamant la bravoure :

Alors qu’il rêvassait en marchant tranquillement dans la rue peu fréquentée a cette heure du dimanche matin, sa pensée fut dissipée par une superbe jeune femme s’offrant à sa vue. Elle portait un corsage fuchsia déformé par des rondeurs (agressives) Sa coiffure relevée la paraît d’un air presque hautain propre a décourager les timorés. Assise seule a la terrasse vide d’un café, elle ne pouvait qu’attirer son attention.

Vic s’arma d’un courage chevaleresque et décida d’aller droit au but. Il s’installa à la table contiguë de celle de (l’élue) et commanda un rafraîchissement. La solitaire ne fut pas dupe de la présence rapprochée de ce faux-indifférent. Tout au contraire, elle se prêta au jeu et accueillit le (conquérant) en paradant un invitant sourire.

- Ça y est, se dit intérieurement notre intrépide auteur, la porte d’une première odyssée m’est ouverte et je ne vais pas manquer l’embarquement. Mon prochain roman va être copieusement épicé.

Il s’assied près de sa (proie) et immédiatement, afin de ne pas laisser le trac paralyser [m1] sa langue décida.

Il est évident que j’aurais pu m’asseoir n’importe ou ailleurs mais mon courage m’a ordonné d’aller droit au but.

Et le hasard m’a désignée sans trop de difficulté… répondit la belle jeune-fille, le choix paraissait facile vu le peu d’affluence.

Il rirent tous les deux de cette répartie drole et spontanée. La glace était rompue. Vic sous l’impulsion de cette facile entrée en matière devint volubile jusqu'à frôler l’exubérance. Il déballa sans retenue toute l’histoire de son passé du présent, et de ses aspirations futures. Il oublia l’essentiel : porter une attention ressentie, dans les propos de son interlocutrice.

Après avoir pris le verre de l’amitié, un peu fatiguée de ce monologue sans grand intérêt pour elle-même, la (Psyché) se dévoila à son tour.

-Écoutez mon cher grand amoureux, si vous voulez fermer un peu votre cœur, votre bouche et ouvrir votre portefeuille, je vous appartiendrai sans autres considérations, pour un temps limité seulement. Je ne suis peut-être pas la femme sentimentale que vous espériez rencontrer, mais je partage aisément ma pulsion amoureuse avec les généreux de ce monde.

Interloqué, et redescendant sur notre planète, Vic se ressaisit en balbutiant quelques excuses. Les deux nouvelles connaissances se regardant fixement éclatèrent d’un rire franc qui clôtura ainsi l’amusante déconvenue.

Décidément, l’audace s’avérait d’une enrichissante drôlerie faute d’un intérêt de longue haleine. L’aventure méritait d’être enregistrée.







C. Laye

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MessageSujet: Les amours d’un pays lointain   Ven 28 Mar - 13:14

Les amours d’un pays lointain








De temps en temps, tout en poussant de petits gémissements, ma chaleureuse (butter-fly) frappe dans ses mains au-dessus de nos têtes non pas pour applaudir mais pour chasser les moustiques trop entreprenants. Une chaleur étouffante et humide affecte notre pleine satisfaction en même temps qu’une odeur fade nous colle aux narines. La transpiration se fait ruisselante et cependant, j’éprouve un certain regret à me retirer de ma partenaire.

Soudain, une petite fille entre furtivement, tenant une cuvette d’eau entre les mains. Machinalement, je tire vers moi la chemise posée à mes côtés.

__ Toi pas gêné, elle pas regarder toi, Elle seulement regarder toi pouvoir donner piastre pour elle, me précise ma généreuse amante.

Pierrot, de l’autre côté du rideau ne rugit plus, il ronfle. Cela fait autant de bruit mais sur un air différent. Comme je ne peux dormir, mes mains s’égarent de nouveau et sans mot dire, dans un accord complice, nous renouvelons avec ma cô nos ébats idylliques. La sueur lubrifie nos corps et dans le bruit de flic-floc d’un rythme accéléré, ma compagne s’abandonne entièrement, envahie par l’extase d’un acte parfaitement accompli. Dans un halètement accompagné de vibrations non feintes, je l’entends murmurer :«Minh oï, minh oï (mon amour)»

Dans cet instant de pure extase, j’alloue à mon ego la haute considération de ma noble personne. C’est la première fois que je ressens cet orgueil de mâle devant l’abandon voire la soumission d’une femme sous mon emprise. Emporté par la solennité du moment, je me surprends à murmurer presque à voix haute pour elle seule, des mots d’amour et de promesse.

Pierrot s’est réveillé, et comme pour ramener les choses à une réalité plus terre à terre, me crie par-dessus son mur de tissus :

__Quand tu auras fini de dire des conneries à ta congaye, on pourra lever l’encre.

Je l’aime bien quand même mon ami. IL est comme ça !



Claude Laye (Extrait de : Cœur d’artichaut amer)

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MessageSujet: Déchirure   Lun 7 Avr - 23:36

Déchirure







Il faut que ce soit moi pauvre connard, sans présent et sans avenir, aussi démuni qu’un chat de gouttière, pire encore, soumis à des obligations militaires, qui tombe cette superbe nana. Convoitise de tous les mâles environnants.



Ce soir, nous passons la nuit au domicile de la belle Héliette. Son appartement est bien petit et bien modeste, dépourvu de meubles et de décors somptueux. Il reflète cependant une ambiance d’un certain luxe dans le désordre des flacons de parfum, bijoux et coffrets de valeur, posés de-ci de-là dans la pièce principale qui est sa chambre.

--Jamais personne ne vient ici, m’explique- t-elle. Le quartier est richement fréquenté et les habitants de l’immeuble insoupçonnables. Tu es le seul mon chou, Claudy. C’est ainsi qu’elle m’appelle. Je suis folle, folle, complètement folle. Oû cela va t-il nous mener?

Un peu désemparé et l’air pitoyable, je balbutie :

Dans moins d’un mois, je serai parti. C’est la vie qui va nous déchirer. Chacun de nous reprendra le cours normal de son soi-disant destin.

--Tu parles à ton avantage, mon chou, me rétorque-t-elle. Toi, tu pars, mais moi je reste. Collée aux mêmes bars, aux mêmes rues, avec le même accent à mes oreilles, supportant ce vide dans ma poitrine, dans mon cœur, dans mon ventre et même dans mon bas-ventre. Tu comprends? J’ai envie de tout te donner parce que tu m’as rendue follement amoureuse par ton assurance et ta désinvolture à rire de tes malheurs, de nos malheurs.. Je suis une pute mondaine, mais une pute quand même, et quand une pute a un mec dans la peau, il y a un désastre qui se pointe à l’horizon.



Au petit matin, je rentrais à bord de «L’Ile d’Oléron» n’imaginant pas ce jour là que j’avais revu Heliette pour la dernière fois et qu’une plaie resterait ouverte à jamais dans le plus profond de mon âme.




Claude Laye (T.D.R. extrait de Cœur d’artichaut amer)
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MessageSujet: L’embuscade   Jeu 17 Avr - 15:42

L’embuscade







C’est en arrivant à la hauteur d’un fourré de buissons décoratifs que les premiers coups de feu nous claquèrent aux oreilles.

Les tireurs étaient embusqués à quelques mètres seulement. Pierrot sortit son Colt et riposta en direction des arbrisseaux afin de nous couvrir, Moi-même tirais une première balle avant de m’apercevoir que la Jeep venait de ralentir. Riton notre chauffeur venait d’être touché et ses pieds avaient glissé des pédales.

Je saisis alors le volant de la main gauche et enfonçais l’accélérateur pour nous éloigner au plus vite, de ce piége. Pierrot retint Riton qui s’affaissait sur le siège en même temps qu’il éteignit les lumières de la voiture.

Ayant ralenti de nouveau, je m’insérais à la place du blessé. Après avoir tourné à quatre-vingt-dix degrés pour m’éloigner de la ligne de tir, j’arrêtais notre véhicule dans l’ombre. On installa alors notre blessé sur la banquette arrière et l’emmaillotâme à tâton dans la chemise de Lagadec. C’était la plus grande. De nouveau, un fusil-mitrailleur crépita et on put distinguer un chapelet de balles venant déchirer les feuilles d’un bananier sauvage situé à cent mètres devant nous. D’où ils se trouvaient, les tireurs pouvaient nous cueillir simplement en déplaçant leur angle de visée vers la courbe que dessinait notre route.

Tous feux éteints, droit devant nous, je fonçais guidé simplement par une bordure de chemin mal définie. Pierrot m’invectivait de ses remontrances .

__Tu roules trop près du bord, tu roules trop près du bord.


Arrivés à l’infirmerie, on installa le moribond sur le premier lit en vue. Après avoir nettoyé sa poitrine, on distinguait nettement deux orifices d’où s’écoulait un mélange de sang et de bulles d’air. Notre ami avait reçus deux balles dans les poumons.

Je n’ai jamais revu notre partenaire des jours sombres.



Claude Laye (tiré du roman :cœur d’artichaut amer) Tous droits réservés
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Cray-Puscule

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MessageSujet: Bonjour à vous baron   Jeu 17 Avr - 15:51

Bonjour à vous baron de la Plume Agile.

Je vous ai envoyé un message personnel ici même mais vu que je n'ai reçu aucune réponse de vous, je me permets de vous écrire ceci publiquement.

J'aime beaucoup vous lire sur le site-forum pas comme les autres que voici.

J'aimerais savoir le nom de la maison d'Édition de votre livre Coeur d'artichaut amer et aussi à quel endroit je peux me le procurer au Québec car même si je vis dans la province d'Ontario au Canada et aussi en France pour un beau-frère à moi qui aime bien vous lire aussi.

Merci à l'avance, une réponse serait appréciée

Cray-Puscule


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Baron de la Plume Agile

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MessageSujet: Merci...   Mar 13 Mai - 11:35

Merci monsieur Cray-Puscule...

...
Chers amis, je suis honoré et sincèrement touché de l'intérêt que vous accordez à mes pensées
puisées dans la réalité d'une psychologie d'expérience. Seule, l'analyse du vécu, devrait porter à considération.

Malheureusement, mes romans n'ont pas été réimprimés malgré la demande. ( Auteur anonyme et gênant)

Je cherche un nouvel éditeur.
Amicales salutations
Claude Laye
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Cray-Puscule

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MessageSujet: Too bad... Dommage   Mar 13 Mai - 11:40

C'est inouï comme le monde de l'écriture est sans coeur...

merci de votre franchise, j'me lève très tôt vous le savez et je suis toujours heureux de vous lire.


au plaisir...


Dernière édition par Cray-Puscule le Ven 27 Juin - 16:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Cœur d’artichaut amer et interdit.   Jeu 26 Juin - 21:32

Cœur d’artichaut amer et interdit.



Après s’être inscrit sur la liste des volontaires en partance pour l’Indochine en pleine effervescence, ce jeune marin, aspiré vers le tourbillon d’une nouvelle aventure, accepta les contraintes que rien ne saurait plus arrêter. Il allait se joindre à ces jeunes gens décidés à jouer leur vie à quitte ou double en échange d’une possible bienveillance qu’on pourrait alors leur accorder.

Dans le récit de ce «parcours du combattant», nous côtoierons ces gens ordinaires qui vivent des drames trop souvent ignorés. Comme les innocents et les animaux, ils se contenteront de gémir en silence pour ne déranger personne.

Pendant un long séjour au pays d’Hô Chi Minh les aventures guerrières agrémentées d’intrigues amoureuses se succédent. Des situations curieuses parfois même difficiles à assimiler quoique authentiques, rapprocherons le lecteur de l’aventurier.

Au paroxysme des imbroglios, l’auteur a voulu rendre hommage à une grande dame de l’amour artisanal qui par sa contribution gratuite, permit la résurrection de ce moribond glissant vers un décès déjà enregistré.

De retour en France, la déception est grande et la propagande est active. Les héros d’hier sont pointés du doigt et devenus les ennemis des «bien-pensants» d’une nouvelle mode. Machinalement, une attirance mutuelle éclos alors, au contact d’autres personnes aussi, injustement rejetées. De nouveau, les passions renaissent avec ces professionnelles de l’amour ou autres alliées, dont les sentiments durables sont interdits.

Certaines déchirures sentimentales, causées lors des séparations parfois suicidaires, laissent souvent des cicatrices semblables à des mutilations voilées.



Le cœur d‘artichaut est amer…(et rejeté par les éditeurs baveux)



Claude Laye (Tous droits réservés)
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MessageSujet: Mauve Fleur d'Artichaut   Ven 27 Juin - 16:14

Fleur mauve d'Artichaut



Bon jour de fin juin en radeau

Baron Claude d'Eau

à la mauve Fleur d'Artichaut

pas amer mais dévoué à la mer plutôt

oui les carottes sucrées sont cuites

et les fourbes avec loupe crépitent

dans leurs cages aux cas hauts insolites...

l'avenir est à celui qui panse tôt

ses blessures en Ré ou en Do

en oubliant furtivement doucettement

Les revers prosaïques rêches non reluisants



( Les primaires délires de mistyblues la louve, le 27 juin 2008 ).







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MessageSujet: RÉFLEXIONS (Suite)   Jeu 9 Oct - 12:44

Réflexions (suite)


La jalousie ronge à ce point les envieux, qu’ils vont jusqu’à s’associer aux meurtriers dans l’espoir d’une destruction des mieux nantis.


Les prétendus poètes engagés, ne risquent dêtre blessés dans leur combat, que par des éclats de rire.


La qualité d’une information est inversement proportionnelle à la teneur des critiques gratuites qui lui ont été insufflées.


Le comble d’un accommodement raisonnable : être gouverné par une femme, d’origine africaine, excisée et voilée.


Derrière le volant d’une auto, le naturel revient sournoisement. Observez le comportement de vos amis, démunis de leur masque.


Les ennemis de la surveillance, ne m’inspirent pas confiance.


L’entourage des délinquants, méritent la punition des complices.


Les surdoués et les sous-doués sont montrés du doigt par les gens dits : normaux. Ainsi la raison de la banalité s’en trouve réconfortée.


Les riches ou les pauvres se trouvent de bonnes raisons d’être ce qu’il sont.
Dites-leur qu’ils sont probablement ou des voleurs ou des imbéciles et remarquez leur changement d’attitude.


Il n’y à pas de rue Hô chi minh aux États-Unis. L’honneur des vétérans n’est pas bafoué par les caprices douteux d’un parti politique.


Claude Laye (Le Français Maudit) claye@videotron.ca

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